L'AOA est pro-VG (Végétarisme/lisme, veganisme, libération animale etc)

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lundi 11 janvier 2010

Appel de l'AOA



ESPRITS LIBRES, RESISTANTS A L'OPPRESSION HIERARCHIQUE :

LES LIBERTES NE SE DONNENT PAS, ELLES SE PRENNENT !


N'attendez pas demain pour prendre part à la lutte de l'Alliance Oppositionnelle Anarchiste. Si vous ne souhaitez pas vous laisser embrigader par une quelconque "organisation", alors l'A.O.A. s'adresse à vous. Elle constitue une alternative, non seulement aux divers "partis" dits "anarchistes", mais aussi à l'isolement et à l'inaction.
Elle vous offre la possibilité de faire entendre la voix de l'anarchisme, sans rien abandonner de votre indépendance ni de votre individualité pour autant.


Seule une société anarchiste intégraliste et universelle peut :
-LIQUIDER LA MISERE
-VAINCRE LA PEUR
-DECOMPOSER LES HIERARCHIES


Depuis 1956, des individus libres et volontaires assurent la pérennité de la formule de LIBRE ENTENTE définie par le texte constitutif de l'A.O.A.

A l'A.O.A., ni cartes, ni cotisations imposées, chacun faisant ce qu'il peut dans la mesure de ses moyens.

Si vous en avez la volonté, osez ! Etablissez des contacts, participez à l'effort de propagande !

ECRASONS LA HIERARCHIE !




Quelle hiérarchie ?

Celui qui jette un simple coup d'oeil sur la question se trouve en face d'un système dont la complexité est sans doute la meilleure défense. Il n'existe pas, en effet, une seule mais plusieurs hiérarchies.Il y a la hiérarchie par échelons dans un même métier. Un instituteur, en occupant le même poste, monte de classe au bout d'un certain nombre d'années, soit à l'ancienneté, soit au choix : le traitement augmente avec l'âge.Il y a la hiérarchie par échelles (catégories d'emplois), chaque échelle comprenant également des échelons.Il y a enfin la hiérarchie basée uniquement sur la catégoriede l'emploi : manoeuvre, manoeuvre spécialisé, ouvrier qualifié, etc, jusqu'à l'ingénieur, le directeur du personnel et le directeur commercial. La catégorie reçoit le salaire fixé par la convention collective du moment.Au-delà de la complexité des systèmes hiérarchiques, un seul fait compte : c'est que tout travailleur, du haut en bas de la hiérarchie, est et reste un salarié, quel que soit le montant de son salaire.


Méfaits de la hiérarchie


Ce fait d'être un salarié, qui devrait unir la masse dans ses revendications, lui donner un esprit et une volonté de lutte de classe, est en fait justement ce qui la divise et ce par quoi le patronat divise pour mieux régner.Le désir de prendre place dans la hiérarchie s'explique facilement.La course à l'avantage pécuniaire est un fait qui n'a pas besoin d'être démontré. Il faut de l'argent pour vivre, il en faut beaucoup. Chacun cherche à en gagner le plus possible. Comme il n'est pas certain qu'on y arrive en faisant simplement mais scrupuleusement et parfaitement son devoir, le mieux encore est de se pousser, de se faire bien voir.Que de bassesses parfois pour passer chef d'équipe dans une usine, chef de bureau dans une administration, ou, fonctionnaire, pour décrocher une promotion !La conquête d'un avantage pécuniaire apporte toujours en complément, dans le système de hiérarchie par catégories, un allègement du travail physique ou intellectuel. Plus on s'élève d'un point de vue matériel, plus il est facile d'accomplir la tâche qui vous est confiée. Les conditions de propreté, de salubrité, de sécurité, vont également de pair avec le salaire.Enfin, à ces deux points acquis, s'ajoute ordinairement un troisième, moral celui-là : la satisfaction intime ou visible (vanité, orgueil) de ne pas être au niveau le plus bas, de tenir un rang. Et cette satisfaction est d'autant plus grande que le rang est plus élevé. Pour certains, elle compte presque autant que le salaire.De là à considérer ceux qui sont "au-dessous" de soi comme des êtres inférieurs, il n'y a qu'un pas, vite franchi par certains. Les rois et les nobles se flattaient d'avoir du sang bleu dans les veines, alors que la tourbe, le peuple, n'avait que du sang rouge. Tel ingénieur, tel directeur technique ne pense-t-il pas, aujourd'hui encore, être d'un autre sang, d'une autre race que le manoeuvre qui manie chaque jour de lourds fardeaux ?...Ce n'est pas entre patrons et travailleurs que se développe à l'heure actuelle la plus féroce des luttes de classe. Elle a lieu au coeur même de la masse des salariés. Le seul mot d'ordre est : parvenir. Il faut "monter", monter toujours. Quand on s'arrête, bien malgré soi, on n'a plus qu'un but : sauvegarder sa position et arracher, pour "sa" catégorie, pour "sa" corporation, le plus d'avantages possibles. Quand un manoeuvre de la SNCF de l' "échelle 1" touchait 1000 francs d'augmentation, le chef de gare principal, à l' "échelle 18", était jaloux parce qu'il ne touchait que 10 000 francs au lieu de 18 000 francs...Pour voir des cadres se joindre au mouvement de masse des grévistes, il faut vraiment qu'un courant trop fort les emporte, et encore, ils lâchent les premiers : on l'a bien vu lors des dernières grèves ! Même ceux qui sont simples et qui, sur le lieu de travail, se distinguent à peine de l'ouvrier, savent qu'ils ont droit à une vie autre que celle de la masse, à une vie supérieure. Ils y tiennent, et ils la défendent. Ne parlons pas des autres qui, comme certains patrons auxquels ils se frottent et s'assimilent, disent des ouvriers "ces gens-là...", et veillent jalousement sur leurs petits privilèges.La hiérarchie est donc le plus sûr des facteurs contre-révolutionnaires au sein du salariat.Tout mouvement revendicatif de la base est freiné, sinon combattu par le sommet. Par contre, tout avantage arraché par la base au point de vue du salaire est aussitôt réclamé, bien entendu à la hausse, par tous les éléments des échelons "supérieurs"...Le patronat le sait bien et, parmi les postes élevés, sait obtenir facilement le concours de ses meilleurs défenseurs en leur proposant d'avantageux contrats individuels.



Justification de la hiérarchie


Les tenants de la hiérarchie trouvent qu'elle est juste, et ils le prouvent...à leur manière !L'instruction, la possession de diplômes et/ou de connaissances étendues est le premier argument dont ils se servent pour la justifier. L'intéressé a travaillé pendant longtemps pour s'instruire, acquérir les diplômes et la pratique qui, dans son métier, le font maître. Il entend récupérer durant toute sa vie, en même temps que le capital investi, le "manque à gagner" subi pendant ses longues années d'études.Il ne manque donc pas de revendiquer un traitement en rapport, non seulement avec les fonctions occupées, mais encore avec les responsabilités assumées. Ce salaire élevé, il estime que sa position sociale l'exige au même titre que ses fréquentations, ses réceptions, en un mot tous les actes de la vie quotidienne correspondant à sa situation. Sa formule favorite est : "A chacun selon ses moyens". Caractère arbitraire de la hiérarchie Si nous envisageons une profession uniforme où l'avancement s'établit sur la base de l'ancienneté ou au choix de l'employeur, les circonstances (temps passé, niveau d'études) étant les mêmes pour tous, la hiérarchie apparaît parfaitement indéfendable.Un instituteur de 25 ans a davantage de besoins que son directeur de 55 ans. S'il fonde un foyer, de nombreuses dépenses, l'entretien de sa petite famille lui font une vie précaire. De surcroît, il lui faut lire, étudier, continuer de se cultiver. L'instituteur de 55 ans, à la veille de sa retraite, gagne beaucoup plus que le jeune. L'argent lui parvient plus abondamment alors qu'il vit de moins de choses. Il ne voyage plus beaucoup, lit moins... Et pourtant, la différence de traitement entre ces deux instituteurs est énorme.De plus, cette différence de salaire ne correspond à rien sur le terrain professionnel.Elle ne saurait récompenser ni l'acquisition d'une expérience, ni l'exercice d'une activité plus profitable qu'auparavant pour les élèves. L'instituteur de 25 ans, resté très proche de la jeunesse, formé à des méthodes plus dynamiques, conquiert d'emblée les enfants qui lui sont confiés par une façon d'enseigner beaucoup moins rébarbative que les méthodes classiques.La justice la plus élémentaire consisterait donc en un renversement des valeurs : le maximum aux jeunes, le minimum aux anciens. Injustice encore, dira-t-on !... Soit.Venons-en donc à la seule solution logique : pour un même emploi, ni classes, ni échelons. Le salaire unique d'un bout à l'autre de la carrière. Plus de cafteurs, plus de lèche-bottes ni de flatteurs pour la conquête d'une promotion !L'exemple ci-dessus ne vaut pas pour les titulaires de brevets, de C.A.P, et de diplômes plus élevés, dans d'autres secteurs professionnels. Ils entendent monnayer les investissements, l'intelligence et le travail qui leur ont permis de parvenir et de "réussir".Ils n'ont pourtant pas de quoi se vanter !S'ils ont poursuivi leurs études, c'est que leurs parents étaient nés avant eux, fournissaient l'argent, en se saignant parfois aux quatre veines. D'autres ont obtenu des bourses. Leur intelligence et leur travail leur ont permis de réussir ?... Laissons de côté le facteur chance : l'intelligence est un don qui n'a strictement rien à voir avec l'instruction. Il existe des gens très savants dont l'intelligence n'est pas souvent le trait le plus marquant. Par contre, on trouve des illettrés supérieurement intelligents.Tandis que les étudiants s'appliquaient à conquérir leurs diplômes, les autres, dès 16 ans, étaient à l'usine, à la ferme, à l'atelier ou sur la mer. Ils apportaient à la société leur capital-travail dans des conditions autrement difficiles, et déjà, ils produisaient.La comparaison de ces deux états de fait suffit-elle à légitimer une situation élevée pour les uns, une stagnation misérable pour les autres ?... On peut ne pas le penser.D'autres données viennent aggraver la comparaison établie. L'homme au bas salaire a des besoins égaux (sinon supérieurs) à ceux d'un ingénieur ou d'un cadre supérieur. Il vit bien souvent dans un logement difficilement qualifiable, dont le loyer parait proprement exorbitant en tenant compte de ses maigres revenus.On arguera pour les autres du besoin de lecture, de culture, de visites d'expositions, de musées, d'audition de concerts, de voyages et de sorties diverses... Mais qui osera soutenir que tout cela ne serait pas susceptible de plaire à tout homme ou femme qui en aurait les moyens ?!...Le mot de "responsabilité" est souvent mis en avant par les cadres d'entreprises. Mais quel est le pourcentage d'accidents dont ils sont les victimes par rapport à celui des conducteurs de machines en atelier, des livreurs , ou des manutentionnaires ??...Et généralement, lorsqu'un accident grave se produit, c'est le personnel "de base" et non l'ingénieur qui est poursuivi... D'ailleurs, la fameuse "responsabilité" paie bien. Le chimiste qui invente une couleur nouvelle, l'ingénieur qui crée un nouveau tissu ou un alliage inconnu, trouvent dans l'accomplissement de leur tâche une satisfaction méritée que ne saurait éprouver le manoeuvre qui, toute la journée, transporte des caisses de boulons ! Cette satisfaction est aussi un salaire. Le dernier argument souvent avancé est également bien connu : sans la hiérarchie, puissant stimulant, la conscience professionnelle risque de baisser considérablement, ainsi que tout esprit créatif ou d'initiative. Le moteur de toute activité humaine s'arrêtera, la discipline et la productivité seront gravement menacées,etc etc...Cet argument est clairement démenti par la constance des plus mal lotis qui, depuis toujours, accomplissent leur tâche parfois fort ingrate avec une bonne volonté digne d'être beaucoup mieux récompensée. Chez les petits employés, chez les ouvriers, chez les artisans, malgré leur condition souvent misérable, c'est encore le goût du travail bien fait qui prime, fort heureusement !


Les solutions : quelles alternatives ?

La mauvaise volonté des cadres (ou assimilés) à accepter l'idée d'un quelconque écrasement de la hiérarchie établie est évidente. Quand le S.M.I.C. est "augmenté" de façon dérisoire, aussitôt les cadres font confiance à leur C.G.C. pour veiller au maintien total de la hiérarchie des salaires... Et le patronat soutient bien sûr ses fidèles alliés. De même que cet exposé a voulu rester sur un terrain humain parfaitement accessible à tous, la seule formule susceptible d'apporter une solution humaine de par son application est : "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins" ! L'expérience de certaines sociétés autogérées nous en offre un exemple pratique et concret.La répartition mensuelle du bénéfice, produit du travail, est assurée par l'assemblée générale selon un barème établi par elle, et qui tient compte de divers facteurs, non seulement professionnels mais aussi culturels et humains. La hiérarchie classique est écrasée, et est remplacée par un comité de coordination dont l'action est la résultante des avis émis par tous. Ce comité se compose de délégués désignés à l'unanimité, et révocables à tout moment.La communauté idéale où ne se posera plus aucune question de salaire, puisque l'argent, le sale argent, aura été aboli, résoudra d'elle-même , en la supprimant , la question de la hiérarchie : d'une part, parce que tout travail, quel qu'il soit, sera considéré comme également utile à la société, et d'autre part parce que chacun aura droit, selon ses besoin, à la répartition du produit du travail commun.Cela n'est pas pour demain ? Nous le savons tous, mais nous savons aussi qu'à chaque instant , nos revendications finales méritent d'être posées. Voltaire disait, en parlant de l'Eglise : "Ecrasons l'Infâme !". Je ne puis faire mieux, en songeant à la nécessité d'une transformation sociale en profondeur, que de crier: "Ecrasons la hiérarchie !"


(Adaptation libre et réactualisée d'un texte signé Louis HOBEY, paru au cours des années 1950 dans la revue libertaire "Défense de l'Homme")

vendredi 11 décembre 2009

Le judaïsme, consécration de la hiérarchie




Au commencement, la hiérarchie (du grec hieros, sacré, et arkhia, commandement) est un terme de religion qui désigne, sous l'appellation de hiérarchie céleste, l'échelle de subordination des anges que le dieu juif a divisés en trois ordres et trois choeurs. Puis, sous la dénomination de hiérarchie ecclésiastique, les différents degrés de commandement et d'obéissance de l'ensemble du clergé judéo-chrétien. Directement inspiré de ce modèle, et, passant du sacré au profane, la hiérarchie sociale, de nouveau sacralisée en la personne des rois, instaure à son tour la chaîne infernale des maillons de subordination, dans laquelle chaque chaînon est déclaré supérieur au chaînon suivant. Telle est, déjà, la structure imposée par Moïse après qu'il fut descendu du sommet du mont Sinaï, avec, sous chaque bras, une des deux tables de pierre gravées par lui et sur lesquelles, au son de plus en plus retentissant d'un cor particulièrement strident, et dans une fantastique mise en scène de flammes immenses et de lourdes fumées noires issues d'une gigantesque fournaise, Yaweh venait de graver de ses doigts de feu, tandis que toute la montagne tremblait, les fameux dix Commandements qui servirent de prélude aux 248 obligations et aux 365 interdictions de la Torah, code du nouvel ordre moral mosaïque. Que Moïse, dont on ne sait toujours pas exactement à quelle époque pharaonique il vécut, ait été tout simplement inventé par son biographe (comme le soupçonne Voltaire qui, à propos de cette incroyable lacune, observe que "Quand on veut tromper, il faut savoir mieux tromper"), n'empêcha malheureusement pas le dieu unique -quoique tout pareillement inventé- de prendre dans le monde moderne la place qu'occupaient les dieux dans le monde ancien. Avec cette différence, toutefois, que les dieux du polythéisme aryen, personnifications des forces de la nature, étaient bien plus proches des hommes que le dieu distant et lointain, despotique et totalitaire d'Israël. Yaweh, Moïse, la Torah, c'est, pour le peuple juif et d'entrée de jeu, la règle de conduite dictée d'en haut. Les Gaulois, qui ne craignaient qu'une chose, c'est que le ciel leur tombât sur la tête, pressentaient-ils que le ciel juif allait nous choir ainsi dessus, écrasant le monde païen pour ne laisser, ça et là, que les ruines des temples et les statues mutilées des divinités mortes ? Que Yaweh et -probablement- Moïse aient été des créations purement imaginaires, comme l'étaient entre autres Apollon, jupiter, Diane, Vénus, Mars ou Minerve, n'enlêve rien à l'efficacité de leur être, lequel se passa aisément du formalisme existentiel pour modifier la face du monde. Dieu, le Pape, le Roi. Autrement dit, Dieu, l'Eglise et l'Etat. Tel est l'ordre hiérarchique que nous subissons, issu de la Bible, même si le chef de l'Etat ne reçoit plus, comme le roi Charles VII, le sacre de Reims, ou, comme Napoléon, celui de Paris des mains du pape. Que ce dieu soit Yaweh ou l'un de ses avatars : le Père éternel, Allah, le Messie, ou le Grand Architecte de l'Univers; que l'église soit la synagogue, la mosquée ou la Loge; que le roi soit empereur, président de la république ou chef de parti, tel est l'ordre auquel nous sommes tous assujettis dans les diverses ramifications de notre société moderne, de l'enfance à la fin de nos vies. Et c'est ici qu'une observation primordiale s'impose. Elle est que, sous peine de partie perdue d'avance ou de partie nulle, il ne sert absolument à rien de se battre avec des armes identiques, une organisation semblable et un ordre de bataille semblable à ceux de l'adversaire. Il est en effet remarquable de devoir constater que, si toutes les tentatives plus ou moins révolutionnaires de renverser l'ordre social établi ont échoué, la raison en était que ces tentatives, aussi bien dans la Révolution française que dans la Révolution russe, apportaient dans l'établissement de l'ordre nouveau les mêmes tares que l'ordre ancien. Parce que l'on n'avait pas su briser la colonne vertébrale de ce chien à trois têtes, de ce nouveau Cerbère, gardien des enfers hiérarchiques, que constituent Dieu, l'Eglise et l'Etat. Remplacer, en France à la fin du XVIIIème siècle, Dieu par la déesse Raison; opposer les prêtres assermentés à la Constitution aux prêtres réfractaires; troquer le roi Louis XVI contre Robespierre ou Bonaparte, n'aura finalement abouti qu'à Louis XVIII. Et remplacer, en Russie au XXème siècle, Dieu par ce nouveau Messie que l'on nomme Prolétariat; l'Eglise par le Parti communiste, et le tsar par Lénine ou Staline, n'aura été en fin de compte, en gare de Leningrad, qu'entreprendre un voyage de Saint-Petersbourg à Saint-Petersbourg... Il y aura toujours des Moïse, comme Karl Marx ou comme Adolf Hitler, respectivement rédacteurs de ces Torah que sont Le Capital et Mein Kampf, pour conduire des peuples vers la "Terre promise", et de nombreux bergers pour rassembler les moutons vers le soleil levant de nouveaux évangiles. Quant aux peuples que l'on a ainsi bernés, disons et répétons-leur qu'il n'y a pas de peuple supérieur aux autres peuples. Pas plus le "peuple de gauche" que celui "de droite". Pas davantage le peuple allemand que le peuple juif. Et pas davantage, non plus, le peuple juif que les autres peuples, même palestinien. Se refuser d'appartenir au troupeau bêlant, ne vouloir être ni mouton ni berger, mais homme libre parmi les hommes libres, c'est déjà le commencement de l'anarchie : la seule arme, la seule forme d' "organisation", le seul ordre et la seule voie possibles face à cette forme de servage, inspiré du despotisme oriental, où chaque maître, chaque petit chef est, comme dans une caserne, l'esclave d'un autre maître, l'esclave d'un autre petit chef. Ni Dieu, ni maître ! Il n'y a pas de Commandement sacré, ni de Dieu, ni d'Eglise, ni d'Etat sacrés.

Serge NINN
(in "L'Anarchie" N° 204, novembre 1993)

jeudi 10 décembre 2009

Pas de concessions face à la vermine autoritaire

Les ceusses qui se considèrent comme des "gens bien" nous rabâchent sans cesse que nous sommes trop intransigeants, et que nous devrions "respecter" l'adversaire politique ou religieux. Eh bien nous, les anars, qui ne sommes ni de droite ni de gauche, nous qui n'avons ni dieu ni maître, nous qui nous positionnons en-dehors et en face de ce putain de système, nous proclamons haut et fort que NON, nous ne respectons pas les individus qui dirigent ou qui voudraient diriger. S'arroger le droit d'exercer une quelconque autorité sur autrui, que ce soit au nom de lois "démocratiques", autocratiques ou religieuses ne mérite absolument aucune forme de respect. C'est ce que nous qualifions de FASCISME, au sens le plus péjoratif et infâmant du terme. Tous ces "gens bien", dont le seul objectif est de nous faire crever pour satisfaire leur orgueil et leur soif de pouvoir et de profits, nous leur crachons tout simplement à la gueule, et avec les moyens dont nous disposons, nous nous employons à les démolir en même temps que cette société pourrie. A BAS TOUTES LES HIERARCHIES ! A tous niveaux, suscitons le chaos pour que s'effondre l'insipide monde actuel. Car il est un principe fondamental auquel nous ne dérogerons jamais : il n'est d'autre autorité que toi-même.

A.O.A


Comment fonctionne l'AOA



CONTRAT D'ASSOCIATION DE L'A.O.A


L'Anarchie n'est pas une religion. C'est tout à la fois une PHILOSOPHIE de la vie, et une DOCTRINE, suivant des principes libertaires et égalitaires.
Cette doctrine et cette philosophie sont des points que nous considérons comme fondamentaux.
L'Alliance Oppositionnelle Anarchiste considère que la lutte des classes, telle qu'elle était menée naguère, est à présent dépassée. Mais le mal à combattre est toujours là : c'est l'autorité sous toutes ses formes et, actuellement, sa forme la plus virulente, c'est la hiérarchie.
C'est pourquoi l'A.O.A. s'est engagée à lutter, sans trêve ni répit, contre toutes les hiérarchies, y compris la hiérarchie des valeurs et celle de la soi-disant compétence.
L'A.O.A. est constituée par l'association libre et volontaire des anarchistes d'expression française, de toutes nationalités, de toutes races et de toutes origines, quel que soit leur pays de résidence.
L'A.O.A. constituant une confrontation permanente d'esprits libres, elle tend à l'entente et à l'alliance de tous les anarchistes. Pour ce faire, ELLE SE REFUSE A ORGANISER, c'est-à-dire à réglementer une idée commune de la liberté. Elle offre le moyen de s'exprimer à tous ceux qui se réclament de l'anarchie, par instinct ou par conviction.
L'économie normale de cette libre association a pour cellule l'INDIVIDU, et pour intermédiaires, en certains cas, les groupes locaux ou affinitaires. Aucune obligation ne peut être faite à l'individu de participer à l'action d'un groupe pour devenir une cellule de l'association.
En s'associant, l'individu ou le groupe reconnait simplement, comme conséquence logique et utilitaire, la liaison réalisée par l'A.O.A.
Chaque individu et chaque groupe sont autonomes, à condition de respecter ces deux obligations morales :
1/ proscrire absolument tout vestige d'autorité
2/ placer chaque individu et chaque groupe face à ses propres responsabilités
Le but recherché est de faire connaître les idées anarchistes, et de soutenir les activités anarchistes. il n'est demandé aucune obéissance à des règlements, ni participation imposée aux activités. Chaque anarchiste adopte pour lui-même ses propres règles de conduite, et détermine lui-même ses obligations envers ses compagnons.
Au cas où l'un des participants manifesterait une contradiction importante avec les principes essentiels de l'anarchisme, il lui conviendrait logiquement de rompre son pacte d'association avec les autres, ou aux autres de rompre le leur avec lui.
L'adhésion à l'A.O.A. a donc la valeur d'un contrat librement consenti par tous les adhérents, librement résiliable à la volonté de chacun.
L'association des anarchistes dans l'A.O.A. a donc pour but de coordonner les efforts, afin de tracer le bilan moral et matériel de l'action à entreprendre. Cette coordination ne peut donner lieu à un quelconque système de vote, puisque toutes les activités des associés au sein de l'A.O.A. a été, est, et sera toujours accomplie selon les principes anarchistes.
Cette formule d'association est la seule qui soit acceptable pour l'anarchiste, la seule qui fonde le fait d'une réalisation collective sur l'acceptation volontaire et la conscience individuelle. Son avantage, c'est d'unir ce qui peut être uni, sans se bercer d'illusions concernant les éternels inconciliables.
____________________________________________________
C'est par ce texte que se constitua l'A.O.A., le 25 novembre 1956 à Bruxelles.
C'est toujours ce texte qui se trouve à la base de nos contacts fraternels.

Ce qu'est l' ALLIANCE OPPOSITIONNELLE ANARCHISTE (AOA)

ALLIANCE OPPOSITIONNELLE ANARCHISTE (AOA)

L'AOA, anciennement connue sous le nom d'Alliance Ouvrière Anarchiste, effectue aujourd'hui son grand retour, sous le nom réactualisé d' Alliance Oppositionnelle Anarchiste. Un nom qui traduit bien son refus de tout compromis, et son opposition permanente et radicale à tous les systèmes, tous les pouvoirs, toutes les hiérarchies, et tous les
embrigadements "organisationnels".

L'AOA est un réseau de liaisons, de contacts et d'amitiés pour l'expression et l'action anarchistes, et s'emploie à combattre toutes les formes de conformisme, y compris le conformisme dogmatique qui imprègne une grande partie des milieux "anars" ou "libertaires" conventionnels.
L'AOA est constituée par l'association libre et volontaire des anarchistes d'expression française, de toutes nationatlités, de toutes origines raciales et ethniques, quel que soit leur pays de résidence.
Née en 1956 d'une scission de la FA (Fédération Anarchiste) et de la CNT, l' AOA N'EST PAS UNE ORGANISATION.
L'AOA étant une association permanente d'individus et d'esprits libres, elle se refuse catégoriquement à "organiser", ce qui reviendrait à réglementer une idée commune de la liberté, et à enfermer l'anarchisme dans des dogmes figés et uniformisants.
Notre formule d'association par la LIBRE ENTENTE, résiliable à la volonté de chacun(e), sans cartes, sans adhésion bureaucratique, sans hiérarchie, sans "dirigeants" ni cotisations imposées, est la seule formule qui soit acceptable pour l'anarchiste authentique, la seule qui permette une réalisation collective basée sur l'acceptation volontaire et la conscience individuelle.
En outre, l'AOA préconise pour chacun(e) la voie de l'action individuelle, chaque anarchiste ne parlant qu'en son nom propre, seul maître de son propre soi. Il peut donc y avoir chez nous une grande variété de conceptions de l'anarchisme, d'opinions, de points de vue, et il est bien entendu nécessaire de faire écho à tous.

Entre notre AOA et les diverses ORGANISATIONS dites "anars" ou "libertaires", la différence n'est, de prime abord, pas particulièrement flagrante aux yeux d'un néophyte. Mais pour les anarchistes confirmés, cette différence est de taille...
Notre position peut se résumer comme suit :

. Tous ceux qui ont voulu faire de l'anarchisme une "organisation" (genre FA, CNT, AL, UA, OCL etc) sont des gens ayant des attaches solides avec les milieux syndicalistes réformistes, ainsi qu'avec divers milieux politicards non-anarchistes. Par exemple, beaucoup d'éléments de la FA et de la CNT fricotent allègrement avec le PS ou les trotskards, et les orgas comme l'OCL ou "Alternative Libertaire" (sic) sont carrément constituées de crypto-marxolâtres qui s'acoquinent avec les trotskards du NPA (ex-LCR), ainsi qu'avec des structures syndicales comme la CGT, SUD, "Solidaires" etc. Ces organisations relaient en outre tous les poncifs de l'extrême-gauche marxistoïde, et s'investissent fortement dans tous les combats d'arrière-garde du gauchisme militant (hystérie "antifasciste", soutien aux "sans papiers", mouvements sociaux corporatistes comme les "mouvements étudiants" etc).

. De surcroit, ces diverses organisations dites "libertaires" acceptent en leur sein des Francs-Maçons qui les noyautent, et à propos desquels on n'a pas fini de se demander à quels moments ils sont de bonne foi... Pourtant, les choses sont on ne peut plus claires : initié secrètement au sein de structures fortement hiérarchisées et élitistes, un Franc-Maçon ne peut tout simplement pas être anarchiste ! Franc-Maçon et anarchiste, surtout depuis le début du XXème siècle, c'est incompatible, c'est une contradiction dans les termes. Ce sont eux, les Francs-Macs de diverses obédiences, qui ont fait de la FA, notamment, le véritable "parti" qu'elle est aujourd'hui. Le syndicaliste qui, dans le secret des loges, fraternise avec le patron, le banquier, le politicien véreux, le magistrat et le flic, tout ça dans un but tout aussi obscur que douteux, voila ce qui devrait, pour le moins, éveiller la méfiance de tout anarchiste sincère et conscient...

. Enfin, fait plus fondamental encore, les diverses organisations dites "anars" ou "libertaires" ne rejettent pas TOUTES les formes de hiérarchie. Alors même qu'elles prétendent rejeter et combattre l'autorité sous toutes ses formes, elles maintiennent de facto l'esprit hiérarchique : postes de "responsabilité" sous prétexte de coordination, "élites révolutionnaires" autoproclamées, revendications pour des salaires plus "justes" (en fonction des catégories professionnelles), etc. Elles ne cherchent ainsi, pour le moins, qu'à MAINTENIR LES CASTES. Ce qui fait qu'en réalité, on peut raisonnablement dire que toutes ces organisations, FA, CNT et "Alternative Libertaire" en tête, ressemblent furieusement à de quelconques PARTIS politiques.

Voila donc, en résumé, ce qui nous sépare de toute cette soupe "libertaire", qui cherche toujours à nous calomnier à bon compte et à nous discréditer par tous les moyens...
Méfiez-vous donc, esprits libres, de ces organisations qui, sous leurs vocables de "Fédération", d' Union", de "Confédération" ou d' "Alternative" ne cherchent qu'à vous embrigader, le plus souvent sous la houlette d'intellectuels arrivistes qui ne font que passer rapidement dans ces organisations prétendument "anars" sous le regard bienveillant des gens de pouvoir, et donc avec la complicité du système autoritaire et hiérarchique.
Comme les petits-bourgeois de mai 68, ces gens-là passeront facilement du pétard au cigare...
Même si nous devons toujours rester seuls, nous aurons au moins, nous autres anarchistes de l'AOA, essayé de faire entendre que nous nous refusons à jouer les moutons en marchant au pas. Nous aurons au moins la satisfaction de nous être affirmés en tant qu' ANARCHISTES INTEGRALISTES, et d'avoir su repousser avec force les compromissions diverses et variées qui orientent une rébellion tout aussi légitime que sincère vers des voies de garage aux finalités douteuses, quand elles ne la canalisent pas purement et simplement par le biais de récupérations malhonnêtes.
C'est cela, selon nous, la raison d'être de l'AOA.
Nous n'avons pas à "repenser" l'anarchie avec chaque période. L'anarchie n'a pas non plus à se positionner "à gauche" (du Système) ni "à droite" (du Système). L'anarchie selon nous n'est ni "de droite" ni "de gauche" : elle se situe EN-DEHORS ET EN FACE.
Notre objectif, à nous, c'est d'en diffuser l'idée fondamentale, et de marcher vers sa réalisation.