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vendredi 11 décembre 2009

Raymond BEAULATON, membre fondateur de l'AOA



Petite fiche de présentation du camarade et ami Raymond Beaulaton, l'un des membres fondateurs de l'AOA. Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de cet ouvrier anarchiste et de son activisme opiniâtre.



BEAULATON Raymond

« SOURIANT » (pseudonyme)


Né le 12 octobre 1912 à Argences (Calvados) - mort en 1994

Ouvrier ajusteur - CGT - FA - CNT-F (FTR) - AOA - Paris 18 & Le Mans (Sarthe)


Fils et petit-fils de militants socialistes, Raymond Beaulaton fréquenta dès l’âge de huit ans les Amis de l’Enfance ouvrière, puis le groupe des amis de La Patrie Humaine. Ouvrier ajusteur, il adhéra au mouvement syndical en 1937 et participa aux activités de soutien à la Révolution espagnole. Il fonda le 12 juillet 1940 un des premiers groupes de résistance antinazi de l’ouest qui éditait des tracts antifascistes et aidait à l’évasion de prisonniers (politiques et de guerre). Pendant cette période il était agent d’assurances et militait à la CGT clandestine, et à travers plusieurs réseaux (Libération Nord en 1941, CND Castille en 1942) participait à des actions de Résistance. A la libération Raymond Beaulaton "Souriant" militait à la minorité anarcho-syndicaliste de la CGT dont il était exclu pour indiscipline après être entré à la SNCF en février 1945. Il participait à la même époque à la constitution du groupe de Chateau-du-Loir de la Fédération Anarchiste dont faisaient également partie Henri Bagatskoff et Jean Boyer. En juillet 1947 il était muté à Paris où il demeurait 4 rue de la Providence (Paris 18 ), et fut un des fondateurs de la Confédération nationale du travail (CNT) en 1947. Il assurait le secrétariat général de la Fédération des Travailleurs du Rail (FTR) et de l’Internationale des Travailleurs du Rail. Délégué du syndicat du rail de la Région parisienne (Paris Austerlitz, Paris ouest rive droite, Vitry, Persan Beaumont, La Chapelle et Paris ouest rive gauche) les 24-26 septembre 1948 au 2° Congrès de la CNTF à Toulouse, il a été également délégué au 2° Congrès de la FTR qui s’est tenu le 28 septembre 1948 à Toulouse, où, bien que démissionnaire de la Commission administrative, il avait été rééélu à la nouvelle commission de trente membres. Membre du Comité national de la FTR, il était élu secrétaire général de la FTR en octobre 1948 : le bureau était alors composé de Roger et Jean Lavigne, Daniel Busset, Fernand Robert, Henri Pillerault et Julien Mercereau. Il assurait également le secrétariat du syndicat FTR de Paris Ouest Rive droite et collaborait régulièrement aux divers bulletins cheminots de la CNT : Cri Du Cheminot (au moins 11 n° de 1947 à avril 1949), suivi par Rail CNT (au moins 2 n° en 1949)et une série du Rail enchaîné (au moins 14 n° entre décembre 1944 et 1952). En 1951 il était facteur à la gare du Mans-Triage et était un des responsables du bulletin Le Rail Enchainé ainsi que le secrétaire du groupe du Mans de la FA. Lors d’un Comité confédéral le 29 janvier 1950 Beaulaton était exclu de la CNT avec les autres responsables de la FTR - Fernand Robert, Pillerault et Regnault pour ne avoir respecté la décision du congrès confédéral de ne plus participer au Cartel d’action d’unité syndicaliste. Beaucoup de militants de la FTR suivaient alors leurs responsables qui fondaient ultérieurement l’Alliance syndicale des cheminots anarchistes (ASCA) avec pour organe Le Rail enchaîné (n°1, avril 1953 à n°11, juin 1954).Ils étaient alors appuyés dans leur démarche par des regroupements analogues : l’Alliance anarchiste des PTT et l’Alliance syndicale anarchiste de la RATP. Membre de la Fédération anarchiste (quai de Valmy) depuis la reconstitution en 1944, Raymond Beaulaton appartenait au regroupement l’Entente anarchiste, créée en juin 1952, il avait participé avec sa compagne au congrès de refondation de la Fédération Anarchiste tenu les 25-27 décembre 1953 à la salle de la rue Mercadet (congrès faisant suite à la prise de contrôle de l’ancienne FA devenue FCL par Georges Fontenis). Il demeurait à cette époque 51 rue de Ruandin au Mans. En 1956 il était le secrétaire aux relations intérieures de la FA du Comité de relations dont la secrétaire était alors Pierette Martinez et le trésorier Clément Fournier. R. Beaulaton fut, le 25 novembre 1956 à Bruxelles, un des créateurs de l’Alliance Ouvrière Anarchiste (AOA), expression de langue française du Mouvement Anarchiste Mondial (M.A.M), se voulant un " instrument de liaison, d’information et de coordination (...) des individualités et des groupes locaux, régionaux et affinitaires qui gardent leur complète liberté d’action et une autonomie complète ". L'AOA est constituée par d'ex-membres scissionnistes de la FA et de la CNT. Entre 1955 et 1967 des militants de l’AOA publieront une vingtaine de numéros d’une nouvelle série du Rail enchaîné. A partir des années 1980, le bulletin de l’AOA, L’Anarchie, a pris parti de façon intensive en faveur de la liberté d'expression et de débat pour les historiens révisionnistes, d'où un ostracisme et une diabolisation entretenus par les ennemis de l'Alliance. Raymond Beaulaton s'occupe de la réalisation régulière et de la diffusion de "L'Anarchie", et s'entoure de multiples compagnons, comme Didier Pomarès, Serge Ninn, Hans Cany, Dominique David, etc.

Raymond Beaulaton décède en 1994. L'AOA continuera de vivre et de publier son bulletin jusqu'en 1997, puis renaîtra de ses cendres sous le nom réactualisé d'Alliance Oppositionnelle Anarchiste en mars 2009.


jeudi 10 décembre 2009

Calomnies contre notre vieux compagnon



RIPOSTE A L'INTOX NAUSEABONDE


J'ai été absolument scandalisé en découvrant sur Internet le document http://www.bibliolibertaire.org/Textes/anarchisme.doc
On peut en effet y lire les allégations suivantes, à la date 1956, concernant l'AOA et notre camarade Raymond Beaulaton :
"1956. Des militants de l'ex-Entente anarchiste, regroupés autour de Robert et Beaulaton, quittent la FA et créent le 25 novembre à Bruxelles l'Alliance ouvrière anarchiste (AOA). L'AOA publie le périodique l'Anarchie, et dérivera vers l'extrême-droite au cours de la guerre d'Algérie."


La personne qui m'a fait connaître cet extrait sur un forum de discussion s'est en outre crue autorisée à émettre l'affabulation suivante :
"Raymond Beaulaton quitta les anarchistes pour fonder l'AOA car il voulait que l'Algérie resta (sic) un département français."

Je tiens donc à faire savoir à tous ce qui suit.
Lorsque la guerre d'Algérie a commencé, en 1954, certains éléments de la FA, liés à la "direction" (!) du mouvement, ont préconisé le soutien au FLN et à la mouvance nationaliste/indépendantiste algérienne. Raymond Beaulaton, qui était encore membre de la FA, n'était pas favorable à ce soutien. Et il était loin d'être le seul. Pourquoi ? Parce qu'il avait une sainte horreur de tout nationalisme, et qu'il assimilait la lutte de "libération nationale" du FLN algérien à un nationalisme, dont le seul but réel était de créer un nouvel Etat-Nation oppresseur. Raymond Beaulaton refusait de soutenir tout nationalisme, fut-il de "libération", car pour lui la nation comme la communauté étaient des mots creux. C'était un pur anar individualiste, plus individualiste encore que je ne le suis moi-même.
Il a toujours été très hostile aux mouvements "nationaux" quels qu'ils soient, et pour ma part, j'ai parfois été en désaccord avec lui à ce sujet. Mais, lorsqu'on voit ce que ça a finalement donné, le FLN au pouvoir en Algérie, force est pour moi de reconnaître qu'il n'avait pas tort sur toute la ligne...
Les insinuations mensongères dont découle ce texte relèvent donc d'une manoeuvre d'intox et de manipulation particulièrement répugnante. Oser prétendre qu'il "voulait que l'Algérie restât un département français", c'est tout simplement lui faire un procès d'intention, lui faire dire ce qu'il n'a JAMAIS dit. Et oser affirmer que l'AOA a "dévié vers l'extrême-droite à partir de la guerre d'Algérie", c'est tout bonnement de la diffamation pure et simple. Ce type de procédés nauséabonds, consistant à calomnier de façon complètement éhontée dans le but de disqualifier l'adversaire à bon compte, rappelle très fortement ceux qu'ont toujours employés les bolcheviks depuis Marx lui-même, lorsqu'il s'amusait à répandre des calomnies similaires contre son ennemi Bakounine. Ce sont-là aussi des méthodes employées couramment tant par les Francs-Maçons (tiens tiens...) que par les nazis. D'ailleurs, Joseph Goebbels lui-même ne disait-il pas que plus un mensonge était gros, plus il était facile de le faire gober par les masses ? Ce principe machiavélique n'est apparemment pas tombé dans l'oreille de sourds, et certains sont allés à bonne école, dirait-on...
Il est vrai que l'introduction du document précise qu'il provient de la FA et qu'il a été "enrichi par un militant d'Alternative Libertaire (sic)", ceci expliquant donc cela...
En tout cas, ceux qui ont rédigé cette infâmie ne manquent pas de culot, c'est le moins qu'on puisse dire. Il faut être sacrément dégueulasse, pour oser pondre des contre-vérités pareilles. C'est assez inouï. Pourtant, depuis 1990, j'en ai lu des calomnies visant l'AOA, pas qu'un peu. Mais là...je reste pantois face à tant de bassesse et de fourberie.
Les véritables raisons du départ de certains camarades (dont Raymond Beaulaton) de la FA pour fonder l'AOA en 1956 n'ont strictement rien à voir avec le désaccord qu'il pouvait y avoir entre eux et d'autres qui voulaient apporter leur soutien au FLN.
Ce point de désaccord existait, il ne faut pas le nier, mais il n'avait rien de central. C'était juste le symptôme d'un malaise beaucoup plus profond...
Les vraies raisons de la scission, elles sont au nombre de trois, et elles sont clairement exposées dans le texte de présentation de l'AOA.

En guise d'appendice, je voudrais démonter comme il se doit le processus d'intox, en le résumant ainsi :


1/ Certains font pression pour que la FA soutienne officiellement l'indépendantisme des nationalistes algériens.
2/ Raymond Beaulaton expose son désaccord, parce qu'il rejette toute forme de nationalisme, fut-il de "libération".
3/ On en déduit alors que puisque Beaulaton refuse de soutenir les indépendantistes/nationalistes, c'est qu'il est contre l'indépendance, et donc pour le maintien d'une Algérie française... Quant à l'AOA, on l'assimile alors à l'extrême-droite, puisqu'on la met ainsi dans le même sac que l'OAS et compagnie...
Bah tiens.


C'est complètement grotesque, et le procédé est franchement ignoble. Fin de l'histoire.


Pour l'AOA,
Hans CANY